Avec de plus en plus de compagnies aériennes européennes, telles que Wizz Air, Ryanair et easyJet, qui en font désormais une exigence pour le recrutement des pilotes, le paysage pour les nouveaux candidats au poste de copilote évolue rapidement, explique Danielle Roos, Responsable de l’enseignement théorique chez BAA Training, l’un des principaux organismes mondiaux de formation aéronautique proposant des programmes Ab Initio et Type Rating.
L’APS MCC comme nouvelle norme
L’adoption de l’APS MCC s’est fortement accélérée entre 2021 et 2024, période durant laquelle les compagnies low-cost (LCC) mentionnées ont commencé à l’exiger ou à le préférer dans leurs critères de recrutement. Cette évolution reflète une volonté croissante des compagnies d’embaucher des pilotes déjà familiarisés avec les environnements opérationnels des compagnies aériennes.

Selon Danielle Roos, cela permet :
d’améliorer les taux de réussite en Type Rating
de réduire le temps d’adaptation en formation
d’optimiser l’efficacité globale de la formation
« La formation classique destinée aux pilotes visant une carrière en compagnie aérienne – combinaison de la Multi-Crew Cooperation (MCC) et du Jet Orientation Course (JOC) – apportait des bases essentielles, mais restait souvent générique et ne reproduisait pas entièrement les opérations réelles d’une compagnie aérienne », souligne-t-elle.
« Le MCC et le JOC étaient dispensés séparément, et les scénarios de formation n’étaient pas toujours structurés autour de flux opérationnels réalistes, de l’intégration des procédures standardisées (SOP) ou de scénarios de vol orientés ligne. L’APS MCC représente une évolution majeure de ce modèle. »
L’APS MCC intègre et développe les éléments du MCC et du JOC au sein d’un cadre unique orienté compagnie aérienne. Il met davantage l’accent sur :
les procédures standardisées (SOP)
la formation basée sur les compétences
des méthodologies modernes telles que le CBTA (Competency-Based Training and Assessment) et l’EBT (Evidence-Based Training)
« Il a été démontré que cette approche intégrée prépare mieux les pilotes aux exigences opérationnelles et procédurales des compagnies aériennes modernes », ajoute Danielle Roos.
Les compagnies low-cost en tant que précurseurs
Pourquoi les compagnies low-cost ont-elles adopté l une demande constante de pilote’APS MCC avant les compagnies traditionnelles ? Selon Danielle Roos, leur structure les incite fortement à optimiser l’efficacité de la formation et à réduire les risques opérationnels lors de l’intégration des pilotes.
« Des facteurs tels que la standardisation des opérations, la réduction des coûts et des risques liés au Type Rating, l’alignement avec la formation basée sur les compétences et des besoins élevés en volume de formation influencent fortement les LCC. Elles doivent donc optimiser tous ces aspects. »
À l’inverse, les compagnies traditionnelles se reposaient historiquement davantage sur:
des programmes cadets intégrés
des pipelines internes de formation
Aujourd'hui, elles débutent tout de même à intégrer également l'APS MCC.
Bien que les LCC soient les plus rapides dans son adoption, l’APS MCC devient progressivement une référence en Europe. Cette évolution est accélérée par plusieurs facteurs :
S'abonner à BAA Training
la demande soutenue de pilotes
des volumes de formation élevés
la volonté de réduire les taux d’échec en Type Rating
l’adoption des méthodologies CBTA et EBT, favorisant la standardisation des profils recrutés.
Une mise en œuvre plus rapide de l’APS MCC
Certains facteurs peuvent toutefois freiner l’adoption, notamment pour :
les petites compagnies avec un faible volume de recrutement
celles reposant principalement sur des programmes cadets internes
Selon Danielle Roos, la principale contrainte concerne les capacités de formation, en particulier :
la disponibilité des simulateurs,
l’accès à des instructeurs qualifiés.

« L’APS MCC nécessite une formation sur des dispositifs FNPT II (Flight and Navigation Procedures Trainer) ou de niveau supérieur capables de reproduire un environnement de compagnie aérienne. Cela augmente la demande en simulateurs et en scénarios opérationnels réalistes. »
Les instructeurs doivent également :
posséder une solide expérience en opérations aériennes
être standardisés pour garantir la qualité de la formation
« C’est dans ce cadre que des organismes de formation tels que BAA Training apportent une réponse adaptée. Nous avons déjà réussi à nous adapter à ces exigences, grâce à la solidité de nos infrastructures de formation et à l'expertise de nos instructeurs. »
L’APS MCC comme avantage concurrentiel
À mesure que l’APS MCC s’impose dans le paysage aéronautique européen, la question n’est plus de savoir s’il deviendra la norme, mais à quelle vitesse cette transition s’opérera et si d’autres régions suivront l’exemple de l’Europe.
Ce qui a commencé comme une initiative d’efficacité portée par les compagnies low-cost s’est transformé en une redéfinition des standards de préparation des copilotes.
Cette évolution reflète une prise de conscience globale du secteur :
combler l’écart entre l’école de pilotage et les opérations aériennes nécessite bien plus que des compétences de base. Les pilotes doivent être exposés dès le départ à :
des environnements opérationnels réalistes,
des processus décisionnels concrets.
Pour les compagnies aériennes comme pour les organismes de formation, la capacité à offrir efficacement des programmes APS MCC devient un facteur clé de différenciation. L’infrastructure et l’expertise nécessaires distingueront de plus en plus les leaders du secteur de ceux qui peinent à suivre les exigences opérationnelles modernes.